Ma vieille passion pour Martin Luther...

Ma première thèse doctorale ayant porté sur la réception du message luthérien à Strasbourg par Matthieu Zell, la pensée de Martin Luther est devenue très influente pour ma propre théologie.

 

Le Réformateur n'a cessé d"être l'objet de mes lectures, convaincu que je suis que toute théologie chrétienne digne de ce nom ne peut pas faire l'économie du passage obligé par Luther.

 

Cela demeure vrai quelle que put avoir été sa dépendance des mentalités de son époque et de la situation historique qui était la sienne.  Cela demeure vrai  en dépit des limitations et des dérapages que put connaître son action réformatrice.

 

Mon enseignement dans le cadre d'institutions méthodistes a toujours insisté sur l' indispensable attention que le Méthodisme se doit d'accorder à Luther et à sa théologie s'il veut demeurer sur les fondations posées par sa Réforme.

 
Le Méthodisme d'aujourd'hui, malgré ses accentuations spécifiques, et en dépit de la lecture biaisée que Wesley a pu faire à l'occasion d'un Luther qu'il n'avait pas toujours bien compris, se sait à juste titre fermement établi sur les fondements redécouverts par le Réformateur.

 

C'est aussi la raison pour laquelle j'ai été heureux d'avoir été sollicité pour  collaborer à l'édition en français des Œuvres de Luther sous la direction de Marc Lienhard et Matthieu Arnold dans la Collection de la Pléiade (Gallimard) . Le premier tome parut en 1999, et le tome II est en voie de finition.

 

Ma collaboration demeure certes modeste et se concentre sur des aspects qui m'étaient plus particulièrement familiers, à savoir sa pensée économique concernant le commerce et l'usure, mais également son attitude politique et théologique, exprimée notamment dans sa Sincère admonestation à tous les chrétiens pour qu'ils se gardent de la révolte et de la sédition.

 

Ma contribution porte aussi sur le Sermon sur le Nouveau Testament, à savoir la Sainte Messe, écrit dans lequel Luther a tiré toutes les conséquences que sa théologie devait logiquement entraîner pour le culte chrétien, là où s'imposait son mouvement réformateur.